Co-piloté par les Terres australes et antarctique françaises (TAAF) et l’Office français de la biodiversité (OFB), à travers le Parc naturel marin de Mayotte, la campagne « Evaluation de l’état de santé des récifs isolés de Mayotte et de l’archipel des Glorieuses » s’est déroulée en trois phases du 20 septembre 2022 au 13 décembre 2021.

OBJECTIFS DE LA CAMPAGNE

Objectifs scientifiques

Cette campagne a pour objectif principal d’établir l’état de santé des récifs du banc de la Zélée au sein du Parc naturel marin de Mayotte (PNMM) et du banc du Geyser, de Grande Glorieuses et de l’île du Lys au sein de la réserve naturelle nationale de l’archipel des Glorieuses (RNNG), créée le 8 juin 2021.

Le suivi et l’évaluation de l’état de santé des écosystèmes récifaux constitue un enjeu central dans la gestion de ces espaces protégés dans un contexte d’accélération du changement climatique et d’exploitation croissante des ressources naturelles.

L’acquisition de connaissances porte ainsi sur plusieurs indicateurs du milieu récifal :

  • Les peuplements coralliens
  • Les populations de poissons
  • Les populations d’holothuries (concombre de mer)
  • Les communautés de macrofaune benthique présentes dans le sable
  • La température des eaux de surface
  • La pollution plastique

Pour accompagner les équipes des TAAF et de l’OFB dans la réalisation de ces missions, plusieurs partenaires locaux ont été associés à cette campagne, en particulier l’UMR Entropie et les bureaux d’étude MAREX, GALAXEA et BIORECIF.

Au-delà de cet objectif scientifique, cette campagne a pour objet de poser les bases d’une coopération étroite entre le PNM et la RNN de l’archipel des Glorieuses, nouvellement créée.

Objectifs de renforcement de la coopération entre les  deux AMP (du Nord du Canal du Mozambique)

Assurer une passation entre les équipes gestionnaires de l’OFB et des TAAF

La richesse de la biodiversité marine de Glorieuses et l’enjeu de sa protection sur l’ensemble de sa ZEE avait amené à la création en 2012 d’un Parc naturel marin dont la gestion était confiée au Parc naturel marin de Mayotte comme direction déléguée de l’OFB.

Face à l’augmentation des pressions (pêche illégale notamment) et à l’enjeu de l’inclusion du périmètre terrestre, les TAAF et l’OFB ont porté une réflexion sur l’évolution du statut de protection de ce territoire. L’outil RNN a ainsi été identifié comme l’outil le mieux adapté pour répondre aux enjeux écologiques sur ce territoire. La gestion de la RNN est aujourd’hui confiée au Préfet, administrateur supérieur des TAAF et à ses équipes (notamment de la direction environnement). Cette mission conjointe entre les équipes historiques du PNM de Mayotte et celles de la RNN de l’archipel des Glorieuses, avait ainsi été souhaité par le Conseil de gestion du Parc naturel marin des Glorieuses lors de sa dernière réunion.

Cette passation permet à la fois de s’assurer de la continuité des actions mises en place dans le cadre de l’ancien PNM en matière de suivi mais aussi de garantir l’harmonisation des méthodes et protocoles mis en œuvre sur les deux espaces pour permettre de comparer les résultats obtenus.

Réaliser une étude comparative le long du gradient d’anthropisation Mayotte – Archipel des Glorieuses

Mayotte, les Glorieuses et les bancs sous-marins du Geyser et de la Zélée présentent des écosystèmes aussi riches que fragiles. L’un des enjeux de la RNN de l’archipel des Glorieuses et du parc marin de Mayotte est de garantir le maintien des ressources marines, tant pour des questions environnementales que socio-économiques. Cependant les enjeux de gestions, restent distincts de par la spécificité de ces deux territoires. L’archipel des Glorieuses, de par son isolement et son absence d’habitants permanents présente un patrimoine naturel exceptionnel dans un état quasi originel. Considérée comme un réservoir de la biodiversité, elle est un point de référence à l’échelle régionale notamment pour mesurer les effets de changement climatique sur l’environnement. A Mayotte, les écosystèmes marins sont d’avantage exploités du fait des pressions anthropiques directes (notamment via les apports terrigènes) et la population croissante.

La réalisation de cette campagne conjointe, qui suit des protocoles identiques permet d’étudier l’état de santé des écosystèmes sur un gradient d’anthropisation depuis Mayotte soumis aux pressions les plus directes jusqu’aux Glorieuses.

Mutualiser les moyens et assurer la continuité des suivis

La synergie PNMM et TAAF permet enfin, d’un point de vue opérationnel, de mutualiser les moyens humains, notamment à travers la mise à disposition des plongeurs professionnels des deux structures et la mobilisation en commun des experts extérieurs, mais aussi logistiques et matériels.

DéROULé DE LA CAMPAGNE

Trois missions de terrains (aussi appelées « Leg ») ont été programmées pour cette campagne. Les deux premières missions ont été réalisées en septembre et octobre 2021 à bord du navire l’Antsiva, permettant le déploiement des équipes sur site. Dans ce cadre, plus d’une 50aine de plongées, le déploiement d’instruments de vidéo sous-marine et le prélèvement d’échantillons ont été réalisés permettant d’atteindre une grande part des objectifs de la campagne. Afin d’affiner et compléter les informations collectées, une troisième mission s’est déroulée du 6 décembre et au 12 décembre 2021 à bord du  Bâtiment de soutien et d’assistance outre-mer (BSAOM) Champlain. Cette dernière mission de terrain a été réalisée avec le soutien précieux des Forces Armée de la Zone Sud-Ouest Océan Indien (FAZSOI) à travers la mobilisation du Bâtiment de soutien et d’assistance outre-mer (BSAOM) Champlain et de son équipage qui ont pu apporter un soutien aux opérations scientifiques en mer.

PERSPECTIVES 

A l’issus des campagnes en mer, les résultats seront conjointement analysés par les équipes du parc et de la réserve en partenariat avec les experts scientifiques. Les conclusions quant à ce nouveau point d’évaluation de l’état des écosystèmes marins seront présentées aux instances de gestion des deux aires protégées courant 2022. Des évènements et actions liés à la valorisation du projet Récifs éloignés sont également prévus pour l’année 2022.