Restauration
du Phylica Arborea
de l'île Amsterdam

Le Phylica arborea est le seul arbre indigène de la réserve naturelle des Terres australes françaises. Il n’est présent que sur l’île Amsterdam et sur son homologue dans l’océan Atlantique ; l’île de Tristan da Cunha.

Photo : © Flavien Saboureau
Photo : © Flavien Saboureau
Photo : © Flavien Saboureau
Photo : © Flavien Saboureau

Formant au XVIIème siècle une ceinture autour de l’île d’une surface de 1500 ha, entre 100 et 250 mètres d’altitude (Van Vlaming, 1696), le Phylica arborea a vu, au cours des 3 siècles qui ont suivi, son peuplement considérablement réduit (environ 10 ha en 1988 ; soit la disparition de plus de 99% de l’ancien bois).

Les causes de cette disparition sont multiples :

  • six incendies majeurs (dont cinq d’origine humaine) ;
  • les coupes et le prélèvement du bois par les bateaux de passage ;
  • l’introduction d’espèces végétales et animales (bovins notamment).

Au début des années 1980 les peuplements de Phylica subsistaient seulement dans une zone d’environ 5 ha (« Bois » ou « Grand Bois ») et dans quelques bosquets limités.

Entre 1988 et 1993, une première campagne de restauration est mise en place et permet la réimplantation de 7000 individus sur le versant Est de l’île (MNHN).

Le Phylica arborea au centre d’un programme de restauration

 Plantation (transport des plants) © Flavien Saboureau

Depuis 2010, le Phylica arborea est au centre d’un programme de restauration mené par les TAAF au titre de la gestion de la Réserve naturelle des Terres australes françaises. L’objectif visé est la plantation de jeunes individus en milieu naturel afin de recréer des boisements sains et connectés dans l’aire de distribution originelle de l’espèce.

Pour ce faire, des jeunes plants sont produits dans une pépinière sur la base Martin-de-Viviès à partir de graines collectées et sélectionnées dans différents semenciers de l’île. Des suivis réguliers sont réalisés sur les différents sites de plantation afin d’évaluer l’état de santé, la croissance et la survie des plants.

Dans le même temps, des protocoles spécifiques sont également mis en place afin d’identifier les éventuelles perturbations au bon développement des individus et des boisements : abroutissement des jeunes plants ou consommation des fruits par les rongeurs (rat et souris), présence d’espèces végétales introduites limitant la régénération par fermeture du milieu.

Photo : © Flavien Saboureau
Photo : © Ugolin Bourbon-Denis
Photo : © Flavien Saboureau
Photo : © Ugolin Bourbon-Denis
Photo : © Flavien Saboureau
Photo : © Flavien Saboureau
Photo : © Flavien Saboureau
Jeune Phylica
@ Flavien Saboureau

Depuis 2010, l’amélioration des connaissances et des moyens disponibles (pépinière notamment) ont permis la mise en place d’un itinéraire technique précis pour la mise en culture et la plantation de l’espèce.

En novembre 2020, la pépinière comptabilisait 2712 plants et 7595 individus avaient été réimplantés dans le milieu naturel depuis le début du programme de restauration. Depuis 2012, ces opérations ont permis de replanter un total de 11.5 hectares de boisement. Les suivis semestriels des plantations réalisés sur ces plants révèlent un bon état général des plants (bonne croissance et faible taux de mortalité) ce qui montre la bonne qualité de la production et la bonne sélection des sites de plantation.