L’océan Indien tropical est parcouru par plusieurs espèces de grands poissons pélagiques (thon albacore, bonite à ventre rayé, thon obèse, marlins, espadon…) ciblées par des flottilles industrielles et par des pêcheries artisanales côtières. Le caractère migrateur de ces espèces amène les flottilles à se déplacer avec les concentrations de poissons, aussi bien dans les eaux internationales que dans les eaux sous juridiction des différents pays de la zone, notamment dans les ZEE des îles Éparses.

 

Pêche aux thons et poissons pélagiques

Les flottes industrielles, responsables de 50 % des captures de thons à l’échelle de l’océan Indien, sont représentées par deux flotilles principales : les armements européens pêchant à la senne tournante et les asiatiques utilisant la technique de la palangre pélagique. Les captures des trois espèces principales de thons sont estimées à plus d’un million de tonnes en 2017 dans l’Océan Indien (source : CTOI).

Les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) réglementent la pêche aux thons dans leurs eaux depuis l’intégration des îles Éparses comme cinquième district des TAAF (loi du 21 juillet 2007). En prenant appui sur l’expertise scientifique de l’IRD et en conformité avec les résolutions édictées par la commission des thons de l’océan Indien (CTOI), depuis 2008 les TAAF fixent par arrêté des prescriptions techniques afin de limiter l’impact environnemental de cette pêche.

En 2018, 42 thoniers senneurs (12 français, 14 espagnols, 13 seychellois, 2 mauriciens, 1 italien), un palangrier français, ainsi que 12 navires auxiliaires (6 espagnols, 5 seychellois, 1 mauricien, 1 français) utilisés pour déployer les dispositifs de concentration de poissons (DCP) ont été autorisés à pêcher dans les ZEE des îles Eparses.

La pêche thonière à la senne se déroule principalement dans le nord-ouest de l’océan indien, où se trouve la ressource la majorité de l’année, et les navires débarquant leur production dans le grand port thonier de Port Victoria aux Seychelles.

Cependant le cycle migratoire des thons ciblés inclue une période de déplacement vers le sud, dans le canal du Mozambique entre mars et juin. C’est au cours de cette « saison du canal » que les thoniers senneurs font le voyage vers les ZEE des îles Eparses en suivant les migrations saisonnières des espèces qu’ils ciblent. Celles-ci varient selon les années en fonction de nombreux facteurs trophiques et environnementaux.

La pêche à la palangre pélagique est également pratiquée dans les eaux des îles Éparses, par un seul navire autorisé, le Clipperton. Ce navire basé à l’île de La Réunion est en activité toute l’année dans les eaux du canal du Mozambique, où il cible l’espadon et les thons.En raison du caractère migrateur des espèces pélagiques, il n’existe pas de total admissible de captures dans les ZEE françaises des îles Eparses (contrairement aux pêcheries à la légine et à la langouste des ZEE des îles australes).

A bord du Clipperton, palangrier pélagique français

Photo : © Christophe Baillout
Photo : © Christophe Baillout
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Photo : © Christophe Baillout

Toutefois du fait de la détérioration de l’état des stock de thon albacore ces dernières années, une limitation est imposée par la CTOI à l’échelle de l’océan Indien depuis 2016, sur la base des historiques de pêche de l’état pavillon et par type d’engin.

Les TAAF forment annuellement dix observateurs scientifiques qui embarquent sur les thoniers senneurs autorisés à pêché dans les ZEE de la collectivité ainsi que le palangrier Clipperton. Leur rôle est de collecter des données scientifiques et d’observer les pratiques à bord. Les données sont ensuite transmises aux TAAF puis traitées ultérieurement par l’Institut pour la Recherche et le Développement (IRD) partenaire scientifique des TAAF pour la pêche dans les îles Eparses.

Enfin ces données, une fois traitées, sont transmises à la CTOI. Elles permettront au comité scientifique d’émettre des prescriptions pour une gestion durable de la ressource à l’échelle de l’océan Indien. En outre les observateurs embarqués peuvent sensibiliser les capitaines sur le respect de la réglementation et les bonnes pratiques sans toutefois avoir de rôle coercitif.

La surveillance des eaux contre la pêche illégale est assurée par les services de l’Etat. Dans le cadre de l’action de l’Etat en mer, des moyens militaires et civils sont mis en œuvre.