Moyens de surveillance
des territoires

Avec 2,3 millions de km2 et d’importantes richesses halieutiques, les Zones Economiques Exclusives (ZEE) des TAAF sont sans cesse menacées par la pêche illégale, non contrôlée, non réglementé (INN).

Pour répondre à cette menace, depuis 2004, les ZEE des îles australes bénéficient d’une surveillance radar par satellite, couplée à la présence quasi permanente d’un moyen de l’Etat.

Ces moyens de surveillance constant et dissuasif et une parfaite coopération entre les services de l’Etat (Marine Nationale, DMSOI) permet aujourd’hui d’éviter le retour d’une activité illégale dans les ZEE des îles australes.

Dans les îles Eparses, outre le besoin d’un vecteur maritime pour le ravitaillement de ces territoires isolés, la nécessité d’affirmer la souveraineté française face aux revendications territoriales des pays voisins et la pression de la pêche INN impose des patrouilles fréquentes des navires de l’Etat.

LE NIVOSE ET LE FLOREAL

D’une longueur de 93,5 mètres pour une vitesse maximale de 20 nœuds et une autonomie de 50 jours, les frégates de surveillances (FS) Nivôse et Floréal ont été admises au service actif en 1992. Basées à La Réunion les frégates de surveillance répondent à un besoin opérationnel précis : le contrôle des espaces maritimes éloignés de la métropole sur lesquels la France étend sa souveraineté et l’action en zone de crise limitée.

 

A cette fin elles sont dotées d’équipements adaptés à ces missions, avec notamment un hélicoptère embarqué Panther et disposent du potentiel de détection et d’armement optimal pour renforcer la présence française dans les territoires d’outre-mer.

Les frégates de surveillance Nivôse et Floréal effectuent chacune une mission de police des pêches de un à deux mois dans les îles australes chaque année. C’est, d’ailleurs, le Nivôse qui a arraisonné en janvier 2003, le palangrier congélateur Lince, qui est devenu le patrouilleur des affaires maritimes Osiris.

LE CHAMPLAIN

Le bâtiment de soutien et d’assistance outre-mer (BSAOM) Champlain a été commandé au chantier Piriou de Concarneau le 30 décembre 2013 avec trois autres bâtiments du même type. Lancé le 22 août 2016, il a été livré à la Marine nationale le 2 décembre 2016. Il a rallié la base navale de Port-des-Galets à La Réunion, son nouveau port base, le jeudi 22 juin 2017.

Spécialement conçus pour évoluer dans les grands espaces maritimes ultramarins, les bâtiments de soutien outre-mer (BSAOM) mesurent 65 mètres de long pour 14 mètres de large et affichent un déplacement de 2300 tonnes en charge. Très robustes et endurants, avec un design inspiré des navires de service à l’offshore, ces bâtiments, capables d’atteindre 14 nœuds, offrent une autonomie de 5000 milles à 12 nœuds et des vivres pour 30 jours d’opération (avec 40 personnes à bord).

Ils se distinguent aussi par leur polyvalence, leur permettant d’assurer dans le cadre de la sauvegarde maritime un très large panel de missions, tant militaires qu’interministérielles : présence, surveillance et protection des intérêts français et des territoires nationaux outre-mer, assistance de navires en difficulté et sauvetage en mer, lutte contre la pollution maritime, projection de forces, assistance et secours aux populations sinistrées, ou encore soutien logistique avec par exemple du transport de fret au profit des collectivités territoriales françaises.

Ces unités bénéficient de deux équipages de 23 marins qui se relaient tous les quatre mois, permettant aux B2M d’assurer plus de 200 jours à la mer par an.

A La Réunion, outre les missions d’action de l’Etat en mer, le B2M Champlain assure la tournée de ravitaillement des îles éparses (TRDI) quatre fois par an.

 

LE MALIN

Le Malin a été mis à flot en janvier 1997 à Olensvaag (Norvège). Aujourd’hui patrouilleur de la Marine Nationale, ce bâtiment a pourtant commencé sa vie comme palangrier et pratiquait la pêche à la légine en toute illégalité !

Un jour de juin 2004, le patrouilleur austral Albatros, l’intercepte et l’arraisonne aux Kerguelen. Ce navire alors baptisé Apache est saisi et contraint de rallier La Réunion. En parfait état, récent, moderne et robuste, l’Apache est rebaptisé Le Malin et transformé en Bâtiment de Soutien Auxiliaire (BSA) par la Marine nationale. Il rejoint Toulon, le 13 mars 2006.

Après un arrêt technique au chantier Piriou de Concarneau, Le Malin rejoint finalement le 25 octobre 2011, Port-des-Galets (île de La Réunion), son nouveau port base, où il remplace le P400 La Rieuse. Long de 54 mètres et large de 11 mètres, le Malin a un déplacement de 1100 tonnes et une vitesse de 14 nœuds.

Ses missions consistent principalement dans la surveillance des ZEE françaises, la police des pêches et de l’environnement, la lutte contre l’immigration clandestine dans le canal du Mozambique et missions de coopération avec les partenaires régionaux.

L’ASTROLABE

Le navire brise-glace L’Astrolabe, a été livré, par le chantier Piriou le 7 septembre 2017 à La Réunion en remplacement du navire du même nom affrété par les TAAF auprès de la P&O Services.

Le patrouilleur polaire L’Astrolabe est le fruit d’une collaboration inédite entre les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), l’Institut polaire français Paul-Emile Victor (IPEV) et la Marine nationale (MN). Le partenariat a entraîné la création d’un groupement d’intérêt public (GIP) entre les TAAF et la MN ainsi que des conventions opérationnelles entre la MN et l’IPEV et entre les TAAF et l’IPEV.

Ce navire est ainsi le fruit d’une coopération innovante qui, par une mutualisation des missions et des moyens, permet d’optimiser les coûts et les ressources. Il assure à la fois des missions de soutien logistique en Antarctique (120 jours par an, pendant l’été austral), et des missions de défense et souveraineté, principalement dans les zones économiques exclusives des TAAF. Il remplace dans cette mission le patrouilleur austral de la marine nationale Albatros désarmé fin 2015. L’Astrolabe, bâtiment à deux équipages, a effectué trois patrouilles australes en 2019.

Le patrouilleur polaire L'Astrolabe

Photo : © TAAF
Photo : © Patrick SORBY
Photo : © Marine nationale

L’OSIRIS II

Un ancien palangrier appréhendé pour pêche illicite dans les eaux des îles australes en 2003, le Lince avait été saisi et transformé en patrouilleur des affaires maritimes et rebaptisé Osiris. Après 50 ans d’existence, il a effectué sa dernière mission dans les mers australes en 2018.

Pour le remplacer, le palangrier Ile de la Réunion (renommé Osiris II) a été acheté par les affaires maritimes et livré à la Direction de la mer sud océan Indien (DMSOI) début décembre 2018.

D’une longueur de 55 mètres et d’une vitesse maximum de 12,5 noeuds, l’Osiris II a subi un arrêt technique destiné à adapter le navire à ses nouvelles missions. Il a été en outre équipé d’une embarcation rapide d’interception et des laboratoires humides et sec ainsi qu’un local plongeur pour pouvoir éventuellement effectuer des missions scientifiques en complément de ses missions de police des pêches. Toutefois son acquisition ayant été réalisée grâce à des fonds FEAMP, les missions de polices des pêches doivent, au minimum, occuper 60% de son planning prévisionnel.

Il effectuera ses premières patrouilles dans les ZEE des îles australes des TAAF fin 2019.