La pêche à Saint-Paul et Amsterdam

La pêcherie de Saint-Paul et Amsterdam existe depuis 1948 et les techniques et pratiques de pêche ont peu changé depuis. Celle-ci est opérée au départ de La Réunion par un seul navire, l’Austral, constitué d’un équipage d’environ 50 marins. L’Austral est un chalutier usine de 77m construit en 1993, transformé pour la pêcherie de Saint-Paul et Amsterdam afin de lui permettre de déployer de petites embarcations de pêche de deux types, les canots et les caseyeurs.

Photo Anthony Père – langoustes

Cette pêcherie cible principalement la langouste australe (Jasus paulensis) et plusieurs espèces de poissons, dont quatre principales : le cabot (Polyprion sp.), le rouffe antarctique (Hyperoglyphe antarctica), le saint-paul (Latris lineata) et le bleu (Nemadactylus monodactylus).

 

 

 

 

D’autres espèces telles que la sériole (Seriola lalandi), le tazard (Thyrsites atun) ou encore le poulpe (Octopus sp.) sont également capturées de manière accessoire et commercialisées.

La pêche aux poissons et langouste de Saint-Paul et Amsterdam se pratique majoritairement au sein de la mer territoriale (à moins de 12 milles nautiques des côtes), au cœur de la réserve naturelle nationale des Terres australes françaises. En effet, compte tenu de la nature volcanique de ces îles et de l’étroitesse du plateau péri-insulaire peu profond, les ressources exploitables se concentrent sur les pentes à proximité des côtes. Seule une petite proportion de l’effort de pêche aux poissons et langouste se situe au-delà des limites de la mer territoriale, sur certains hauts fonds tel que le banc « Farce », situé à 16 milles nautiques de Saint-Paul.

Deux types de pêche à la langouste peuvent être distingués :

  • la pêche côtière, qui se déroule à moins de 70m de profondeur, est effectuée à l’intérieur de la bande délimitée par la bordure externe des champs d’algues géantes (Macrocystis pyrifera), sur fonds rocheux, par 4 canots en pêche simultanément. Les canots utilisent des casiers en lattes de bois, appâtés de têtes de poissons et/ou de poissons importés, qui sont posés au fond entre 2 et 4 heures ;
  • la pêche profonde, réalisée entre 70m et 400m de profondeur, est pratiquée par 2 caseyeurs qui utilisent des casiers en plastique avec structure métallique, disposés en filière d’une vingtaine de casiers pendant environ 24h.

La pêche à la langouste est ouverte du 1er décembre au 30 avril de l’année suivante, pendant l’été austral, généralement en deux marées par saison de pêche (environ 5 mois de mer par an).

La pêche aux poissons, quant à elle, est réalisée simultanément par tous les navires : canots, caseyeurs, et depuis le bord de l’Austral. Trois techniques différentes sont utilisées :

  • les lignes à main, qui sont des lignes plombées comportant 2 ou 3 hameçons appâtés. Elles sont tenues à la main et utilisées à faible profondeur, pour cibler le saint-paul et le cabot ;
  • la palangre verticale, qui est une ligne plombée dotée de nombreux hameçons sur sa partie proche du fond et signalisée en surface par une bouée. La palangre verticale est utilisée à plus grande profondeur et cible le saint-paul, le cabot et le rouffe ;
  • le carrelet, qui est un filet de surface ciblant les bancs de bleus et qui est déployé uniquement depuis l’Austral.
Photo Marc Lemenager – rouffe antarctique
Photo Marc Lemenager – cabot de fond
Photo Marc Lemenager – saint-paul

 

Cette campagne de pêche aux poissons est réalisée en parallèle de celle à la langouste, sur une période allant du 15 novembre au 31 juillet de l’année suivante.

Tout comme les autres pêcheries des TAAF, la pêche aux poissons et à la langouste à Saint-Paul-et-Amsterdam est encadrée par des prescriptions techniques, prises par arrêté du préfet des Terres australes et antarctiques françaises. Cette réglementation pouvant évoluer chaque année, définit les périodes d’ouverture de la pêche au poisson et à la langouste, précise les caractéristiques des engins de pêche et des techniques autorisés pour chaque espèce ciblée, définit la taille des langoustes et des poissons pouvant être pêchés, règlemente les conditions d’exercice de la pêche en cas de déprédation par les orques, détaille les mesures de protection environnementale à mettre en place ou à respecter par le navire, encadre la débarque ainsi que le contrôle des produits pêchés et encadre également la gestion des déchets non organiques et organiques, des eaux usées et des casiers abandonnés.

Chaque année, les quantités totales pouvant être prélevées de langouste et de trois espèces de poissons (Totaux admissibles de captures ou TAC) sont fixées par arrêté par les TAAF, sous avis scientifique du Muséum d’histoire naturelle.

Tout navire autorisé à pêcher dans la ZEE de Saint-Paul et Amsterdam est tenu d’accepter à son bord un contrôleur de pêche (COPEC) et un agent de la réserve naturelle désignés par le préfet, administrateur des TAAF. Le COPEC est chargé de vérifier le respect de l’application de la réglementation nationale et territoriale en matière de pêche maritime et de collecter les données scientifiques. Il informe le capitaine de tout manquement au respect de la réglementation et rend compte sans délai au Préfet, administrateur supérieur des TAAF.

 

Le contrôleur de pêche mesure une langouste

 

Parallèlement à la pêche professionnelle, la pêche loisir est également autorisée depuis la base Martin de Viviès à Amsterdam, le Marion Dufresne et les navires de patrouille présents dans la zone. Cette pêche loisir est également encadrée par l’arrêté N°2014-109 du 15 octobre 2014, lui-même issu de celui encadrant la pêche professionnelle. Les pêcheurs de loisir doivent participer au suivi scientifique rigoureux des populations, en déclarant les captures réalisées et les observations d’individus recapturés dans le cadre des programmes de marquage.

Pêche à la langouste