
Dans la nuit du 31 juillet 1761, la flûte L’Utile, navire de la Compagnie française des Indes orientales, fait naufrage sur l’île de Sable, aujourd’hui Tromelin. À son bord se trouvent notamment 160 personnes réduites en esclavage, embarquées à Madagascar et destinées à être vendues à l’île de France, l’actuelle île Maurice.
Depuis plusieurs décennies, l’histoire des naufragés de L’Utile fait l’objet d’un important travail de recherche et de transmission. Des campagnes archéologiques menées notamment par le Groupe de recherche en archéologie navale (GRAN) et l’Inrap ont permis de mieux comprendre les conditions de survie et l’organisation des naufragés.
Pendant près de quinze années, les naufragés vont pourtant survivre dans des conditions extrêmes. Les recherches historiques et archéologiques conduites sur Tromelin ont progressivement permis de documenter leur capacité à s’organiser, à construire des abris, à récupérer et transformer les matériaux issus de l’épave et à maintenir une communauté sur cet îlot particulièrement hostile. Ces travaux ont contribué à redonner une place et une histoire à celles et ceux que les archives avaient longtemps laissés dans l’ombre.
Ces recherches ont nourri de nombreux travaux scientifiques et actions de médiation qui contribuent aujourd’hui à faire connaître l’histoire des naufragés de L’Utile auprès du grand public.
À l’occasion de cette année commémorative, les TAAF proposent une exposition temporaire au centre culturel Le Sud à Saint-Pierre consacrée à Tromelin et destinée à faire vivre et transmettre cette mémoire.
Après le naufrage, une soixantaine de Malgaches survivent. L’équipage français construit une embarcation de fortune et quitte l’île le 27 septembre 1761 pour regagner Madagascar, laissant les naufragés malgaches sur place avec la promesse de revenir les chercher. Cette promesse ne sera pas tenue.
Commencent alors quinze années de survie sur cet îlot isolé, dépourvu d’arbres et soumis à des vents violents. Les naufragés se nourrissent notamment de tortues et de poissons, disposent d’eau saumâtre et utilisent le bois de charpente de l’épave pour entretenir un feu. Ils construisent également plusieurs bâtiments en pierre, dont l’agencement en hameau autour d’une cour centrale témoigne de la constitution d’une véritable communauté organisée.
Ce n’est que le 29 novembre 1776 que Jacques-Marie Lanuguy de Tromelin, commandant la corvette La Dauphine, parvient à faire accoster une chaloupe sur l’îlot. Huit survivants sont alors secourus : sept femmes et un enfant de huit mois. L’île prendra par la suite le nom de Tromelin.
En 2001, la loi dite « Taubira » reconnaît la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité. Cinq ans plus tard, en 2006, la première mission archéologique « Esclaves oubliés », conduite par le Groupe de recherche en archéologie navale (GRAN), marque le début d’un important travail de recherche sur Tromelin visant notamment à mieux comprendre les conditions de vie et l’organisation des naufragés.
L’année 2026 réunit ainsi trois anniversaires particulièrement symboliques : les 250 ans du sauvetage des naufragés de L’Utile, les 25 ans de la loi Taubira et les 20 ans de la première mission archéologique « Esclaves oubliés ». Cette convergence donne une résonance particulière aux différentes actions de commémoration et de transmission organisées cette année autour de Tromelin.
Les ressources dédiées
L'exposition / Le journal de bord / Le questionnaire / La fiche de cadrage 2nd degré
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La série de podcast et les dossiers 1er degré
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Le dossier sur "Les robinsons de l'île Tromelin" 1er degré
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