Dans le cadre du projet MARIO, piloté par les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) avec le soutien de l’Agence française de développement (AFD) et de l’Union européenne, une mission scientifique a été menée du 11 février au 12 mars 2026 dans les eaux subantarctiques des archipels de Crozet et de Kerguelen.
Une mission scientifique au cœur des eaux australes
Améliorer les connaissances sur les populations d’orques dans le secteur du plateau Del Cano et des îles Crozet est l’objectif central de ces campagnes en mer menées par le projet MARIO dans les Australes. L’acquisition de ces nouvelles connaissances vise à permettre aux TAAF d’adopter des mesures de gestion et de conservation adaptées.
Cette campagne a mobilisé une équipe pluridisciplinaire embarquée à bord du patrouilleur maritime OSIRIS II de la Direction de la Mer Sud Océan Indien (DMSOI), à l’occasion d’une mission conjointe de surveillance maritime et de déploiement d’activités scientifiques dédiées à l’amélioration des connaissances sur les écosystèmes marins.
Mieux comprendre les orques de l’océan Austral
Les travaux scientifiques ont porté sur les orques, à travers la réalisation de biopsies et des entraînements à la pose de balises de suivi, dédiées à mieux comprendre leurs déplacements, leurs zones d’alimentation, leurs interactions avec les pêcheries et les dynamiques de population. Ces activités ont notamment été conduites par la doctorante du projet MARIO, dans le cadre d’un partenariat étroit entre les TAAF, l’Unité Mixte de Recherche Marine Biodiversity, Exploitation & Conservation (UMR MARBEC – Université de Montpellier, Ifremer, IRD, CNRS) et le Centre d’Études Biologiques de Chizé (CEBC – CNRS, La Rochelle Université).
Une population suivie depuis plus de 40 ans
La population d’orques des îles Crozet fait l’objet d’un suivi scientifique depuis plus de 40 ans. Au cours de cette mission, des prélèvements de tissus (peau et lard) ont été réalisés sur des individus appartenant au groupe CR214, un groupe social bien documenté par les données de photo-identification. Composé de neuf individus au moment de la mission (trois femelles adultes, un mâle subadulte, quatre juvéniles et un nouveau-né), ce groupe a pu être confirmé grâce aux observations réalisées en mer.
Ces échantillons viendront enrichir une base de données unique, comprenant plus de 30 individus échantillonnés depuis 2011, pour une population estimée à environ 90 individus en 2025. Ils permettront d’approfondir les connaissances sur la diversité génétique, la reproduction, les niveaux de contamination, les régimes alimentaires et les zones de recherche de nourriture. Si aucune balise satellitaire n’a pu être déployée lors de cette mission, de nouvelles tentatives seront engagées lors des prochaines campagnes du projet.
Une collaboration renforcée au service de la connaissance
La mission a également bénéficié de la contribution de Globice Réunion, notamment au titre du programme NeMMO (Network of Marine Mammal Observers) et du programme MYSTRAL, cofinancé par l’Union européenne par l’INTERREG VI océan Indien. Ce partenariat a permis de renforcer significativement les capacités d’observation et de collecte de données dans la zone australe. L’équipe de Globice Réunion a assuré un suivi visuel et acoustique continu, le déploiement d’hydrophones à Crozet et Kerguelen, ainsi qu’un appui technique aux opérations en mer, notamment pour la photo-identification et les manipulations sur les orques.
Des résultats prometteurs pour la conservation
Fort de ces premiers résultats encourageants, la poursuite et le renforcement des collaborations engagées apparaissent essentiels pour les prochaines phases du projet.
Par son caractère inédit, lié notamment à l’acquisition de données de terrain dans une zone encore peu documentée et difficile d’accès, son ambition scientifique et sa dimension collaborative, cette mission illustre pleinement la pertinence du projet MARIO pour améliorer les connaissances sur les écosystèmes marins des TAAF et éclairer les enjeux de conservation dans l’océan Austral.
