Mise en service d’une station photovoltaïque par les TAAF à Amsterdam, l’une des îles les plus isolées au monde

%04 %474 %2022   —  Terres australes et antarctiques françaises

Dans le cadre de leur stratégie de transition écologique et notamment de diminution de la consommation d’énergies fossiles, les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) ont mis en service une centrale photovoltaïque dans l’île Amsterdam. Il s’agit du troisième dispositif de ce type dans les TAAF après les premières stations déjà installées dans les îles Éparses (Tromelin en 2017 et Glorieuses en 2020), mais le premier dans une zone non tropicale, à l’articulation entre les zones subtropicale et subantarctique. L’île Amsterdam est connue comme l’une des îles les plus isolées au monde. Sur son site de Pointe-Bénédicte, elle accueille un laboratoire de recherche de référence mondiale, qui étudie la pollution atmosphérique et la qualité de l’air.

Les TAAF sont des territoires géographiquement très isolés dans la zone sud océan Indien (9000 km séparent le district tropical des îles Éparses du district antarctique de terre Adélie). Leur patrimoine naturel constitue un réservoir de biodiversité et un puits de carbone, protégé notamment dans le cadre de deux réserves naturelles nationales : la réserve des Terres australes françaises (îles Australes) et la réserve de l’archipel des Glorieuses (îles Éparses).
Tout en maintenant, de façon toujours plus efficiente, d’indispensables opérations logistiques garantes d’une présence humaine qui se veut exemplaire, le Territoire s’inscrit depuis plusieurs années dans une démarche de transition écologique, avec une vision à la fois stratégique, opérationnelle et financière, et des déclinaisons concrètes dans ses cinq districts : îles Éparses, archipel Crozet, archipel Kerguelen, îles Saint-Paul et Amsterdam, et terre Adélie.

Cette transition écologique se traduit notamment par l’usage strictement encadré, voire l’abandon pur et simple, des produits dangereux pour la biodiversité, une limitation des rejets aqueux dans l’environnement, l’optimisation des circuits logistiques, une réduction de la consommation énergétique et une évolution des modes de production de l’énergie sur les bases, ou encore une révision dynamique de la gestion des déchets en lien avec une politique d’achat responsable.
L’ensemble de ces projets s’inscrit dans un plan climat et dans un plan pluriannuel d’investissement en cours de mise en œuvre. En particulier, si pendant longtemps la production d’électricité de leurs bases australes fut totalement dépendante des énergies fossiles, les TAAF sont désormais mobilisées sur la transition énergétique de ces bases.

Cela se concrétise d’abord par un objectif de réduction des consommations et des besoins énergétiques (matériels moins consommateurs, réduction de l’éclairage, meilleure isolation des bâtiments, nouvelles constructions passives et intégrées), mais aussi par une mutation des moyens de production de l’énergie, et la recherche de nouveaux potentiels d’énergie renouvelable.
La suppression progressive des moteurs générateurs diesel et leur remplacement par des fermes photovoltaïques au sol étaient déjà engagés dans les cabanes et sites isolés depuis 2010, puis dans l’île de Tromelin fin 2017 et l’île Glorieuse début 2020. Des travaux similaires et plus dimensionnants ont démarré dans l’île Amsterdam courant 2021 et se sont achevés en mars 2022.
Jusqu’alors, la base du district de Saint-Paul et Amsterdam, Martin-de-Viviès, produisait son énergie uniquement avec des groupes électrogènes alimentés en gazole, fournissant l’électricité indispensable au maintien d’une présence humaine permanente, et plus particulièrement au fonctionnement des installations des services et des laboratoires scientifiques.
Cette base est désormais alimentée, depuis le 10 mars, par une centrale hybride (photovoltaïque et thermique).

 

Après une procédure de consultation publique, c’est la société réunionnaise Top Bis qui a été retenue pour l’installation de cette centrale, pour un montant global d’investissement de près de 2 millions d’euros financé par le budget du Territoire avec le soutien, à hauteur de 695 000 euros, du Fonds exceptionnel d’investissement (FEI) du ministère des outre-mer. La mise en œuvre opérationnelle du projet fut conduite avec le soutien des personnels techniques des TAAF à La Réunion et dans l’île Amsterdam.Équipée de panneaux photovoltaïques, de batteries Lithium – Fer – Phosphate, et d’un groupe électrogène d’appoint, la nouvelle installation, après une phase de tests, a pris le relais de l’ancienne centrale thermique. D’une puissance de 284 KWc (769 panneaux de 370Wc), elle permettra à l’échelle locale d’éviter le rejet de 350 tonnes de CO2 par an dans l’atmosphère, et d’économiser, à usage équivalent, la consommation d’environ 130 m3 de gazole.

À une échelle plus vaste, cette nouvelle installation va permettre de consolider sur le long terme les suivis atmosphériques. Ces données recueillies depuis le début des années 80 ont fait de l’île Amsterdam une référence pour la communauté du GIEC et il est primordial de les maintenir sur du très long terme. Elle sera aussi un atout pour la participation de l’observatoire de Pointe-Bénédicte au futur déploiement de nouvelles infrastructures de recherche en lien avec le projet OBS4CLIM – système d’observation intégré de l’atmosphère – porté par 18 partenaires coordonné par le CNRS et mis en oeuvre par l’Institut polaire français (IPEV), visant à développer l’innovation des trois composantes françaises des infrastructures de recherche (RI) européennes dans le domaine de l’atmosphère.