Les TAAF partenaires de « Cosmix : mission antarctique », une première mondiale pour un projet scientifique porté par des lycéens Réunionnais

21 Octobre 2020   —  Terres australes et antarctiques françaises

Lundi 19 octobre, le navire polaire brise-glace, L’Astrolabe, a quitté La Réunion, direction l’Antarctique, avec à son bord, Cosmix, le détecteur de rayonnement cosmique du lycée Roland Garros du Tampon, grâce à un partenariat inédit entre les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), la Marine nationale et l’Académie de la Réunion.

Permettre à de jeunes Réunionnais d’accomplir des projets d’envergure et favoriser l’excellence

La démarche scientifique n’attend pas le nombre des années, et tout naturellement, les trois jeunes de 1e S du Lycée Rolland Garros du Tampon ont appliqué les préceptes d’Albert Einstein : « La connaissance s’acquiert par l’expérience ». Dans le cadre de l’atelier de physique des « deux infinis » et des travaux personnels encadrés (TPE),  les élèves, soutenus par leurs professeurs Gérard Cavalli et Philippe Carret, souhaitaient étudier les variations du rayonnement cosmique dans l’océan Indien, et vérifier l’effet de latitude caractéristique de ce flux de particules venu de l’espace : les muons. En effet, celles-ci, 200 fois plus lourdes que les électrons, sont instables et leur flux varient aussi en fonction de l’altitude, du relief, de l’angle de détection… Pour éliminer tous ces facteurs et ne conserver qu’un seul paramètre, la latitude, un navire, comme le Marion Dufresne, parcourant de grandes distances, présentait l’emplacement idéal pour Cosmix.

Le détecteur de rayonnement cosmique, Cosmix, a été conçu au Centre d’Etudes Nucléaires de Bordeaux-Gradignan (CENBG) et prêté au Lycée Roland Garros par Sciences à l’Ecole, avec le soutien du CNRS et en particulier de l’Institut de Physique Nucléaire et de Physique des Particules (IN2P3).

Après les Terres australes, direction l’Antarctique pour Cosmix à bord de L’Astrolabe

Les résultats obtenus, pendant cette rotation, ont été concluants. Aussi, l’objectif, cette année est de prolonger ce travail en rejoignant des latitudes encore plus australes, jusqu’en terre Adélie sur le continent Antarctique, en ayant aussi l’occasion de mettre également en évidence pendant ce long trajet l’influence sur le flux de muons des variations météorologiques, notamment celles de la pression atmosphérique.

Pour accéder à ces territoires, la seule solution était d’embarquer Cosmix sur L’Astrolabe lors de ses missions de soutien à la logistique antarctique (MSLA) réalisées au profit des TAAF et de l’Institut polaire français (IPEV). Tous les acteurs se sont donc réunis pour permettre la faisabilité du projet.

Après une présentation du projet par les élèves et professeurs, en mai dernier, en présence des deux commandants de L’Astrolabe, les capitaines de frégate Antoine Fresnais de Coutard et François Ceccaldi, et du chef de cabinet, David de Sousa, représentant le préfet, administrateur supérieur des TAAF, les premiers essais se sont déroulés en laboratoire pour tester la résistance au froid, et en mer pour vérifier l’autonomie du matériel, et les modalités de son utilisation par l’équipage de la Marine nationale.

Une fois les réglages terminés, il ne restait plus qu’à procéder à l’embarquement définitif sur L’Astrolabe. L’opération a eu lieu avec deux élèves de “l’atelier des deux infinis” du lycée Roland Garros, Philippe Carret, leur professeur de physique et Albin Périna, marin chargé de prélever les données de manière hebdomadaire sur les liaisons entre la Tasmanie et l’Antarctique.

Les Terres australes et antarctiques françaises, la Marine nationale et l’Académie de la Réunion sont heureuses d’avoir pu concourir à la concrétisation de ce projet scientifique original porté par un établissement scolaire de La Réunion, et qui sera bien une première mondiale dans sa réalisation et les résultats obtenus ainsi que pour une mesure en continu depuis la zone tropicale.

Les TAAF, un acteur de l’éducation à La Réunion

L’accord cadre de partenariat entre les TAAF et l’Académie de La Réunion, signé la première  fois en 2010 et renouvelé en 2019, constitue une passerelle précieuse entre la stratégie académique dans le domaine de l’éducation artistique et culturelle, l’enseignement des disciplines dans les établissements, et la politique des TAAF en matière d’action culturelle et de valorisation des missions de la collectivité auprès des jeunes générations, et notamment celles du territoire de La Réunion.

Les TAAF mettent à disposition des établissements scolaires son hall d’accueil «musée», présentant une exposition, des maquettes, des vidéos, à découvrir dans le cadre d’une visite guidée. La collectivité propose également aux scolaires, en fonction des possibilités, des correspondances avec les districts et des échanges avec les hivernants et/ou intervenants des TAAF, le prêt d’expositions pour mieux comprendre  les  enjeux  des  territoires ainsi que l’aide d’un professeur relais au montage de projets pédagogiques.

Pour en savoir plus : https://taaf.fr/ressources-pedagogiques/