Journée internationale de la météorologie

24 Mars 2021   —  Terres australes et antarctiques françaises

La journée internationale de la météorologie commémore l’entrée en vigueur, le 23 mars 1950, de la convention qui a institué l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM). Une occasion de rappeler la présence systématique de stations météorologiques dans les TAAF (exceptée Basas da India), et dans certains cas de personnels de Météo France. Depuis plusieurs décennies, les relevés qui y sont effectués chaque jour pour l’OMM sont en effet d’une importance stratégique. Les données collectées permettent de caractériser le climat et ses évolutions dans des régions particulièrement vulnérables au changement climatique, et alimentent les modélisations indispensables au travail de Météo-France.

Dans les Australes, la météo honorée

Par leur position géographique, les archipels Kerguelen et Crozet et les îles Saint-Paul et Amsterdam, présentent un très grand intérêt pour l’installation de stations météorologiques maillons précieux du réseau météorologique mondial. Les enregistrements réalisés par Météo France depuis l’installation des premières bases scientifiques constituent une source majeure pour suivre l’évolution du climat dans les Terres australes françaises.

Dès la première mission d’études à Kerguelen en 1949 débutait la mise en place de la station météorologique de Port-Aux-Français. Plus ancien bâtiment de la base, l’ancienne station abrite aujourd’hui la bibliothèque. La nouvelle station météo se situe à quelques centaines de mètres du cœur de la base d’où tous les jours, à la même heure, est lâché dans l’atmosphère le ballon sonde. À Amsterdam, c’est dès décembre 1949 que Martin de Viviès installe une base météo, qui va s’élargir à d’autres recherches scientifiques. Mais les premiers « véritables » relevés pour Kerguelen et Amsterdam datent de 1951.

Côté Archipel Crozet, il faut attendre 1961 pour que soit prise la décision d’envoyer sur l’île de la Possession une mission exploratoire. Une équipe de treize hommes, dirigée par l’ingénieur météorologiste Alfred Faure, débarque en décembre et choisit le plateau qui domine la baie du Marin ; elle aura elle aussi sa station météo. La base a été baptisée « Alfred-Faure » par un arrêté de l’administrateur supérieur du 22 mars 1969, en hommage à l’ingénieur météorologiste décédé l’année précédente.

Aujourd’hui, il n’y a plus qu’à Kerguelen que du personnel de Météo France est présent en permanence. Pour les districts de Crozet et Amsterdam, la gestion des stations est assurée par le personnel de l’Institut polaire français (IPEV), en partenariat avec Météo France. La direction des services techniques des TAAF apporte également une expertise et un soutien logistique pour l’entretien et la maintenance des installations.

À noter que la présence de prévisionnistes de Météo France à Port-aux-français permet d’assurer une surveillance météo et d’alerter lors de gros temps ; elle contribue ainsi à garantir la sécurité des biens et des personnes sur le district. Les nombreux navires de passage (dont le Marion Dufresne) sollicitent souvent ce « service local » de Météo France  pour connaitre les conditions de navigation.

Antarctique : la météo de l’extrême

Météo-France est présente en Antarctique depuis les premières expéditions polaires. Les équipes d’hivernants installées sur la base Dumont-d’Urville en terre-Adélie passent chacune un an sur place, dans des conditions extrêmes. La station météo de la base connaît une activité permanente depuis 1956. Outre les radiosondages, les équipes de Météo-France y effectuent chaque jour, et quelles que soient les conditions météo, des mesures pour divers paramètres (vent, température, humidité…).

Toutes ces données sont transmises, via le réseau mondial de télécommunications de l’OMM, aux services météorologiques nationaux. Elles alimentent les modèles de prévision numérique, permettant d’y intégrer les caractéristiques de l’atmosphère sur cette partie du globe. Les mesures sont rares et précieuses sur les zones désertiques telles que les océans ou l’Antarctique. Il n’existe, par exemple, aucune autre station météo à moins de 1 000 km à la ronde autour de Dumont-d’Urville, et très peu de stations implantées en Antarctique réalisent des radiosondages.

Par ailleurs, le service météo assure un support local très important pour l’ensemble des activités de la base (logistique aérienne, maritime, terrestre, activités scientifiques). Une assistance aéronautique est réalisée l’été lorsque que la piste D10 est fonctionnelle. Tous les jours, le service édite un bulletin de prévision et les équipes participent aux réunions de coordination des activités durant la campagne d’été. Enfin, les équipes de Météo-France sont souvent consultées par L’Astrolabe afin d’anticiper les éventuelles contraintes locales durant les rotations de mission de soutien à la logistique antarctique (MSLA).

Dans les iles Éparses : des stations météo totalement automatisées

 La France décide en 1950 d’implanter des stations météorologiques sur ces îles placées stratégiquement sur la trajectoire des cyclones tropicaux du sud-ouest de l’océan Indien.

Sur Europa, l’installation humaine est difficile en raison de l’absence d’eau douce et c’est en 1949 avec la construction d’une station météorologique qu’une présence permanente s’établie. En 1981, une nouvelle station météorologique est construite.

Sur Juan de Nova, une première station météorologique est construite en 1955, remplacée en 1973 par une nouvelle station.

En 1955, une station météorologique est installée au nord de Grande Glorieuse, puis déplacée en 1965, au sud de l’île.

Sur Tromelin, une station météorologique et du personnel sont déployés en 1954 jusqu’en 2011.

Si entre 1949-1955, l’installation de stations météorologiques a entraîné la présence continue de personnels de Météo France (techniciens météorologistes), l’automatisation des stations depuis 1993 (Tromelin) et 1994 (Europa, Juan de Nova et Glorieuses) a entrainé un départ progressif des agents Météo France, les derniers ayant quitté Tromelin en 2011.