Conservation
en terre Adélie

La terre Adélie, partie du continent Antarctique, est régie par un dispositif découlant de différents traités internationaux.

 

La réglementation

terre adelieLa terre Adélie est soumise à un régime juridique particulier, se distinguant sur certains points des autres districts. Partie intégrante des TAAF, à la réglementation du territoire, ce district est également concerné par la réglementation issue du Traité sur l’Antarctique, et de son protocole relatif à la protection de l’environnement (Protocole de Madrid). Traduisant en droit français ces dispositions de droit international, le livre septième du code de l’environnement français attribue au Préfet, administrateur supérieur des TAAF, la charge d’instruire les demandes d’activités, notamment scientifiques, en terre Adélie, et d’autoriser leur mise en œuvre.

 

On peut ainsi relever :

-animaux : toutes les espèces indigènes à l’Antarctique présentes en terre Adélie sont protégées au titre du Protocole de Madrid. Certains oiseaux sont en outre protégés par l’arrêté du ministre de l’environnement du 14 août 1998, certains mammifères marins par l’arrêté du 1er juillet 2011. Dès lors, tout projet affectant une espèce protégée par l’un de ces textes (manipulation, prélèvement d’œufs, etc.) fait l’objet d’une autorisation. Celle-ci est délivrée par le préfet, administrateur supérieur des TAAF, accordée, sur la base du titre 1er du Livre IV du Code de l’Environnement, après consultation du Conseil National de la Protection de la Nature (CNPN) (modèle d’autorisation).

– bâtiments : un arrêté n°2000-35 de l’administrateur supérieur, du 10 novembre 2000 a créé une réglementation de la construction. Tout projet de construction d’un bâtiment est soumis à une autorisation (modèle d’autorisation).

– zones protégées : l’annexe V du protocole de Madrid définit le cadre applicable à la désignation et gestion des zones protégées en Antarctique, notamment en terre Adélie. Plusieurs types de mécanismes peuvent être mis en œuvre, notamment les Zones Spécialement Protégées de l’Antarctique (ZSPA). Celles-ci sont soumises à un plan de gestion, validé par la Réunion Consultative du Traité sur l’Antarctique. Le préfet des TAAF est compétent pour autoriser et encadrer les accès et les activités pouvant y être menées, en conformité avec le plan de gestion.

Photo : © Nelly GRAVIER
Photo : © Nelly GRAVIER
Photo : © Nelly GRAVIER
Photo : © Nelly GRAVIER

L’environnement

Quatre îles, un nunatak et le site de reproduction des manchots empereurs ont été classés en 1995 (Mesure 3 – XIXe RCTA –Séoul) en Zone spécialement protégée de l’Antarctique (ZSPA n°120 « Archipel de Pointe Géologie ») en ce qu’ils constituaient un exemple représentatif des écosystèmes antarctiques terrestres sur les plans biologique, géologique et esthétique. Une espèce de mammifères marins, le phoque de Weddell (Leptonychotesweddellii) et diverses espèces d’oiseaux s’y reproduisent : manchot empereur (Aptenodytesforsteri) ; skua antarctique (Catharactamaccormicki) ; manchot Adélie (Pygoscelisadeliae) ; pétrel de Wilson (Oceanitesoceanicus) ; pétrel géant (Macronectesgiganteus) ; pétrel des neiges (Pagodromanivea), damier du Cap (Daptioncapense).

La colonie de manchots empereurs est la seule se trouvant à proximité immédiate de la base, permettant à un grand nombre d’études d’avoir lieu.

Faune de terre Adélie

8 espèces d’oiseaux marins cohabitent en terre Adélie :
• Le manchot empereur
• Le manchot adélie
• Le damier du cap
• Le pétrel des neiges
• Le fulmar antarctique
• Le pétrel géant
• L’océanite de Wilson
• Le skua antarctique

Ces oiseaux ont des points communs :
• Ils viennent à terre uniquement pour se reproduire
• Ils sont monogames
• Ils sont longévives
• Ils sont fragiles et sensibles

Le manchot empereur

Longévité de plus de 30 ans
(1 individu de 34 ans minimum observé en 2004)
Le manchot empereur est un oiseau de l’extrême. Il a su s’adapter à son environnement.
Le mâle peut jeûner de 100 à 120 jours, passant ainsi de 40 à 20 Kg.
Il parcourt des distances allant jusqu’à 120 Km en marchant sur la glace (vitesse moyenne de 0,5 Km/h et 10 Km/h en pointe).
Pour se nourrir il peut plonger jusqu’à 500 m.
Il résiste à des températures allant jusqu’à – 60°C.

La population actuelle est d’environ 2 500 couples, soit entre 5 500 et 6 000 adultes avec les non reproducteurs. Ce qui représente environ 4% de la population mondiale.
La réussite de reproduction est très variable selon les années : 80 poussins pour la plus mauvaise année et plus de 2 000 les bonnes.

Le manchot adélie

L : 70cm, M : 4kg
Longévité de 25 à 30 ans
Il chasse entre 20 et 30m (record de 175m)
Signe particulier : il pond 2 œufs
environ 73 000 individus et 25 000 poussins ont été dénombrés.
La mue avant le départ est une étape importante.

Le damier du cap

L : 40cm, E : 85cm, M : 450g
Longévité de 25 à 30 ans
Il y a environ 500 couples nicheurs sur l’archipel. Ils nichent à découvert dans les pentes plus ou moins fortes avec replas.

Le pétrel des neiges

L : 35cm, E : 90cm, M : 300g
Longévité d’environ 25 à 30 ans
Il y a environ 1 000 couples sur l’archipel. Il niche dans les cavités.

Le fulmar antarctique

L : 50cm, E : 120cm, M : 700g à 1kg
Longévité de 25 à 30 ans
Il y un seule colonie composée d’environ 30 couples nicheurs

Le pétrel géant antarctique

L : 90cm, E : 200cm, M : 4,5kg
Il vit jusqu’à 40 ans et se reproduit tout les 2 ans
C’est un prédateur et un charognard
Avec à peine 15 couples nicheurs, l’espèce est menacée de disparition sur l’archipel.

L’océanite de Wilson

L : 20cm, E : 38cm, M : 40g
Il y a environ 1 500 couples
Plutôt nocturne, il niche dans de profondes crevasses

Le skua antarctique

L : 55cm, E : 130cm, M : 600g à 1,3kg
Longévité de 25 à 30 ans
Il pond 2 œufs en novembre
Il y a 24 couples sur l’île des Pétrels, 50 à 60 sur l’archipel

Le phoque de Weddell

L : 2 à 3m, M : 400-600kg

Les visiteurs occasionnels :

  • Le pétrel antarctique
    • Le manchot à jugulaire
    • Le Gorfou de Schlegel
    • Le Gorfou macaroni
    • Le manchot royal
    • Le skua subantarctique
    • Le léopard de mer
    • Le phoque crabier
    • L’orque épaulard