Le plan d’action local IFRECOR

Les TAAF engagées aux côtés de l’IFRECOR, dans la protection et la gestion durable des récifs coralliens dans les îles Eparses

Déclinaison française de l’International Coral Reef Initiative (ICRI), l’IFRECOR est une action nationale en faveur des récifs coralliens des collectivités des outre-mer qui agit depuis plus de 15 ans pour la protection et la gestion durable des récifs coralliens et de leurs écosystèmes associés (RCEA), les herbiers de phanérogames et les mangroves d’importance majeure dans les 9 collectivités françaises d’outre-mer.

Afin de répondre à cet objectif, des programmes d’actions nationaux, d’une durée de 5 ans sont mis en œuvre sur l’ensemble du territoire national depuis 2000, en cohérence avec le plan cadre national adopté la même année et en adéquation avec les plans locaux établis par chacune des collectivités locales. Ainsi entre 2000 et 2015, 3 phases successives (2000-2005, 2006-2010, 2011-2015) ont permis la réalisation de nombreuses actions en faveur des RCEA.

La collectivité des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) mène depuis 2007, date à laquelle la gestion des îles Eparses lui a été confiée, de nombreuses actions qui visent à développer et maintenir des activités de recherche de façon pérenne ainsi qu’à y poursuivre la mise en place d’outils de gestion et de conservation du milieu naturel et en particulier des récifs coralliens et milieux associés. En 2011, les TAAF s’inscrivent officiellement dans la 3ème phase de programmation 2011-2015 de l’IFRECOR, en présentant un Plan d’actions local îles Eparses 2011-2015, dont les quatre axes forts étaient :

– Pérenniser les programmes de Recherche ;

– Proposer des mesures de conservation du patrimoine naturel ;

– Proposer des mesures de gestion des activités pour assurer un développement durable ;

– Accompagner la mise en place de stations de suivi (réseau d’observation).

 

Lien vers le bilan détaillé de ce premier plan d’action local

Bilan Ifrecor PAL TAAF 2011 2015

Nouvelle phase d’actions :

Le bilan général de cette 3ème phase de programmation a été présenté à l’ensemble des membres lors du Comité national de l’IFRECOR qui s’est tenu en 2016 à bord du Marion Dufresne à La Réunion. A cette occasion, le Comité national a lancé la 4ème phase de programmation des actions (période 2016-2020) et à défini les « Grands domaines » dans lesquels devront s’inscrire les différentes actions dans le but de répondre aux engagements internationaux et nationaux de la France pour les cinq années à venir.

Les 6 grands domaines identifiés sont :

  1. Contribuer à réduire les menaces d’origine humaine pesant sur les récifs coralliens, les mangroves et les herbiers ;
  2. Surveiller et atténuer les impacts du changement climatique ;
  3. Renforcer les connaissances pour mieux gérer ;
  4. Surveiller l’évolution de l’état des écosystèmes pour mieux les protéger ;
  5. Diversifier les financements dédiés à la protection des récifs et écosystèmes associés ;
  6. Communiquer et sensibiliser pour renforcer la prise en compte des récifs coralliens et écosystèmes associés.

Pour plus d’informations sur le programme d’actions 2016-2020 de l’IFRECOR, consultez la page http://www.ifrecor.com/

La plaquette IFRECOR 2016 2020

Le plan d’actions local îles Eparses 2016-2020 :

Ce plan d’action local identifie les actions à conduire sur le territoire des îles Eparses pour la période 2016-2020 afin d’agir pour la protection et la gestion durable des récifs coralliens et de leurs écosystèmes associés. Ces actions doivent permettre de répondre à la fois aux objectifs généraux et opérationnels de gestion et de conservation spécifiques au territoire des îles Eparses identifiés par la collectivité, ainsi qu’aux axes stratégiques du plan cadre et aux grands domaines de la phase 4 définis par l’IFRECOR.

Plan Actions Eparses IFRECOR 2016 2020

 

La biodiversité des îles Eparses 

Les îles Eparses sont parmi les derniers sanctuaires de biodiversité tropicale de l’océan Indien occidental. Elles ont une importance primordiale en milieu tropical car elles abritent une flore et une faune remarquables (dont de nombreuses espèces endémiques) et des écosystèmes naturels majeurs, tels que les mangroves ou les récifs coralliens, dans un état de conservation unique à l’échelle régionale. À l’échelle du sud-ouest de l’océan Indien, les îles Eparses jouent également un rôle majeur en tant que sources pour la recolonisation ichtyologique et corallienne des régions avoisinantes fortement anthropisées.

Les récifs coralliens des îles Eparses cumulent une superficie de 733 km2, ce qui représente pas moins de 33% de la superficie total des récifs coralliens des territoires français de l’océan Indien.

Les herbiers à phanérogames marines ne constituent pas un habitat majeur dans les eaux des îles Eparses, néanmoins ils représentent de précieux habitats d’alimentation des tortues marines, notamment des tortues vertes (Chelonia mydas), pour qui les îles Eparses représentent des lieux de pont primordiaux du sud-ouest de l’océan Indien.

Seulement deux îles des Eparses abritent des mangroves, Europa et Juan de Nova. Bien que la mangrove sur Juan de Nova soit sous forme relictuelle avec seulement 0,02 km2, celle sur Europa est plus importante avec 6,5 km2. La mangrove d’Europa est parmi les derniers reliquats primaires dans le sud-ouest de l’océan Indien. Elle se révèle indispensable pour le développement des tortues vertes et imbriquées, et joue également un rôle de nurserie pour le requin pointe noire et le requin limon faucille. Côté avifaune, la mangrove d’Europa est fréquentée par l’aigrette dimorphe et constitue l’un des rares sites de reproduction connu du héron crabier blanc.

Bien que les îles Eparses constituent des territoires éloignés et préservés, il n’en reste pas moins que certaines menaces et pressions peuvent y être exercées, soit par la main de l’homme (activités illégales, non déclarées et non réglementées, pollutions, etc.), soit naturellement (tempêtes, cyclones tropicaux, changements globaux, espèces marines introduites, etc.). C’est pourquoi, les TAAF œuvrent depuis plusieurs années avec l’appui de ses partenaires, dont l’IFRECOR, à la mise en place outils de protection et de programmes de conservation en lien étroit avec les programmes d’actions de l’IFRECOR.

Photo : © V. Duvat Magnan