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23 décembre 2016

La réserve naturelle nationale des Terres australes françaises devient une des plus grandes aires marines protégées de la planète

Annoncée le 14 novembre par la Ministre Ségolène Royal lors de la COP 22 à Marrakech, la ratification du décret interministériel sur l’extension de la réserve naturelle nationale des Terres australes françaises dans ses zones économiques exclusives (ZEE) (décret n°2016-1700 du 12 décembre 2016 portant extension et modification de la réglementation de la réserve naturelle nationale des Terres australes françaises) marque la création de la 1ère réserve halieutique stricte au monde parmi les 6 plus grandes aires marines protégées de la planète.

Au sud de l’océan Indien, les Terres australes françaises (Crozet, Kerguelen, Saint-Paul et Amsterdam) constituent des sanctuaires de biodiversité particulièrement préservés qui recèlent un patrimoine naturel exceptionnel.

Afin de conserver ce patrimoine naturel unique, la France a créé en 2006 la réserve naturelle nationale des Terres australes françaises, qui incluait la totalité de la surface terrestre des îles (environ 7 700 km2) et 52,5 % de leurs eaux territoriales, soit 15 700 km2.

La richesse de la diversité spécifique et du patrimoine biologique, les fortes abondances d’oiseaux et de mammifères marins, l’isolement extrême, mais aussi et peut-être surtout la très forte influence de l’océan sur l’originalité des écosystèmes terrestres sont à l’origine de ce classement.

En effet, les eaux associées à ces îles sont particulièrement productives et par conséquent riches en espèces pélagiques (crustacés, calmars, poissons, etc.), qui elles-mêmes alimentent oiseaux marins, cétacés et pinnipèdes (otaries, éléphants de mer).

Suite aux travaux d’écorégionalisation menés par les scientifiques français dans le cadre de la Convention sur la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR) depuis 2010, et grâce à la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages, qui permet la création de réserves naturelles au-delà des eaux territoriales, dans la limite des 200 miles nautiques, la réserve naturelle nationale des Terres australes françaises s’étend désormais sur plus de 670 000 km², surface qui dépasse largement la taille de la France hexagonale.

Alors qu’elle formait déjà la plus vaste réserve naturelle de France, elle constitue désormais une des plus grandes aires marines protégées (AMP) au monde et la 1ère réserve halieutique stricte de la planète. Plus de 120 000 km² d’espace maritime font l’objet d’une protection « renforcée », où toute activité extractive industrielle ou commerciale, dont la pêche, est interdite.

L’extension de la réserve naturelle nationale des Terres australes françaises en mer permet de :

  • Maintenir les fonctions et processus écologiques marins qui structurent l’ensemble du réseau trophique des Terres australes et plus largement de l’océan Indien ;
  • Préserver la richesse du patrimoine naturel marin, en particulier des espèces patrimoniales telles que les mammifères marins (les éléphants de mer représentent la 2ème population la plus importante de la planète) et les oiseaux marins qui, avec 47 espèces, constituent un « poumon de l’avifaune mondial » ;
  • Mettre en place un cadre reconnu et de moyens pour améliorer les connaissances sur les milieux marins subantarctiques ;
  • Contribuer de façon importante à la santé globale des océans et au cycle de régulation du carbone à l’échelle mondiale. En effet, l’important gradient latitudinal que couvre la Réserve naturelle, fortement influencé par la présence des fronts polaire, subantarctique et subtropical, offre une opportunité unique de mieux comprendre le rôle majeur joué par les organismes marins dans le cycle du carbone.

En parallèle, le modèle de gestion durable des ressources halieutiques développé par les TAAF est pérennisé. Le décret portant extension de la Réserve garantit l’encadrement des techniques et pratiques de pêche, en interdisant toute pêche non ciblée telle que celles des raies et des requins, ainsi que les filets maillants et tous les arts trainants susceptibles d’impacter l’intégrité des grands fonds.

Par ailleurs, la continuité écologique qu’apporte le projet d’extension de la Réserve avec l’aire marine protégée (AMP) de Heard Mc Donald (Australie) sur le plateau de Kerguelen et l’intégration, dans ce même projet, d’une partie du plateau Del Cano-Crozet qui comprend les AMP de Marion Prince Edwards (Afrique du Sud) et Crozet (France), offre à cette réserve un positionnement international sans précédent. Cette extension place la France comme un acteur incontournable de la mise en place et de l’élaboration d’une stratégie concertée en faveur d’un réseau d’aires marines protégées dans la zone CCAMLR.

L’extension de la Réserve naturelle en mer, qui inclut une large partie des ZEE australes et des zones de pêche, justifie l’ouverture des instances de gouvernance à de nouveaux membres. Les représentants des armements de la pêche australe, des associations agréées de l’environnement, ainsi que le délégué du Gouvernement pour l’action de l’Etat en mer dans l’océan Indien font leur entrée au sein du Comité consultatif et de gestion de la Réserve.

Télécharger le décret n°2016-1700 du 12 décembre 2016 portant extension et modification de la réglementation de la réserve naturelle nationale des Terres australes françaises