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Journal de bord du Marion Dufresne, août-septembre 2017 (OP2)

A travers le journal de bord rédigé par les touristes, suivez au fil de l’eau, la rotation du Marion Dufresne dans les îles australes (août-septembre 2017).

Sur le départ

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l aventure II

Chalan lé la !

"Comme si,
Comme si, pour accéder au Port ouest, il fallait longer le Théâtre Sous Les Arbres et tourner au rond-point du plus beau banian du monde.
Comme si, dans un coin de la darse, s’était lové un gigantesque monstre vert assoupi et ses jaunes engins de dragage.
Comme si ce dernier avait laissé la majesté du bassin Caillet au Marion Dufresne, affairé et rutilant dans son habit tricolore émérite.
Comme si le mur du cimetière marin avait été blanchi.
Comme si, outre toute la cargaison, de la cale au pont supérieur, on embarquait ceux qui allaient devenir, une fois encore, les résidents éphémères de ces terres.
Et qui est là ? Poucet parmi les colosses, tout juste dans l’eau à quelques heures du départ, au pied de la coque du géant, requérant la permission de passage vers les îles pour rentrer au bercail, implorant les grues du Marion de le lever à bord ? L’Aventure II ! Le mythique chaland de Kerguelen, de retour après sa jouvence obligée de 9 mois à La Réunion.
Comme si le nouvel armateur avait mis tout son soin à faire de ce jour, le plus réussi des appareillages.
Comme si un solaire commandant prenait la tête d’un équipage, jeune et sobre parmi les sobres, qui allait découvrir ces mers.
Comme si des marins malgaches bien connus nous accueillaient en souriant.
Comme si le préfet, administrateur supérieur des TAAF, avait apporté ses mots chaleureux à ce nouveau commencement.
Comme si on allait encore s’entrainer à l’exercice d’abandon, celui qui se vit au propre comme au figuré.
Comme si la météo des premières aubes ne serait pas si désastreuse.
Comme si une corne de brume avait retenti.
Comme si 1000 baleines à bosse fêtaient notre sortie du port.
Comme si, bien arrimée sur le pont de cale, L’Aventure II, déjà, montrait le cap.

Et pas comme si, car pour de bon !

Promis, malgré le blanchiment de l’inscription sur le mur du cimetière, on va encore s’y faire la vie". Laurent Dreano

11 septembre 2017

"Enfin il est là devant nous "le Marion Dufresne" MarDuf pour les TAAF. Après des mois, que dis-je des années nous y sommes.
Nous sommes accueilli par la préfète. Suite au changement d’armateur un nouvel équipage est à bord, novice dans les mers du sud, on verra bien.
17h, on largue les amarres et quelques baleines nous souhaitent bon vent en sortant du port. Premier repas et première nuit à bord, le sommeil vient difficilement, brassé entre tangage et roulis. Sur le journal de bord de la passerelle l’officier de quart cette nuit a noté "mer forte", ça on a vu !" Jacky Launay

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Coucher soleil 2ème jour

© M.Keriel

Les premiers jours

"Présentation générale des TAAF et petit tour à bord. Mer plus calme que la veille , la nuit fut bonne. Visite de la passerelle et formation à la biosécurité où avant chaque débarquement il faudra laver et brosser bottes, chaussures et passer l’aspirateur dans les sacs à dos, vêtement pour éviter de descendre dans les iles des animaux, graines, spores ou autres.
Une conférence sur la biodiversité des différents districts est aussi organisée. Nous sommes impatient de débarquer mais nous sommes dimanche et l’arrivée à Crozet n’est prévu que mercredi matin.
Le commandant nous invite à un pot d’accueil, dommage je n’avais plus de place pour le smoking dans le sac, mais nous avions apparemment tous le même souci."
Jacky Launay

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visite de la plage avant

© M.Keriel

14 aout 2017

Nous sommes toujours dans l’anticyclone au sud-est de Madagascar, la dépression suivante est plus rapide que prévu et nous laisse finalement tranquille pour le moment. Tout le monde est content et passe le temps entre les conférences dans la salle à côté de nos cabines, l’internet, la salle de gym, et les heures de repas, sans oublier de passer au bar.
A 18 heures nous avons tous rendez-vous sur le pont arrière où est entreposé l’hélicoptère dans son hangar bien au chaud. Il est vrai que la température a chuté de 10 degrés en 24 heures, et que la température de l’eau est de 15 ° comme la température extérieure.
L’hélicoptère, de jolie couleur bleue, comme le porte le nom de sa compagnie « hélilagon ».
Cet écureuil agile, fort de 700 chevaux de puissance maximale au décollage, est capable de transporter 5 passagers à la fois, entre le bateau et la terre, ou 800 kg de fret transporté dans un filet au bout d’une élingue, la charge étant accrochée par le mécanicien, il fera ses rotations tant que nécessaire dans la journée.
Enfin, 18 heures, les 12 touristes sont là, devant l’hélicoptère et écoutant tout ouïe les consignes du pilote : toujours passer par l’avant en baissant la tête et s’installer avec son gilet de sauvetage.
Maryvonne, François et Isabelle, notre suissesse, écoutent avec plus d’attention, c’est leur baptême de l’air avec ce gros scarabée bleu.
La présentation est maintenant terminée, il est temps de rejoindre le bar avant le dîner. La soirée promet d’être bonne, après-demain nous arrivons aux îles Crozet, là ce sera une autre histoire." Dominique Vuillemin

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hélicoptère

©D.Vuillemin

Escale à Crozet

Le 16
"Débarquement à Crozet retardé d’une heure. Les conditions météo étant trop mauvaises pour que l’hélicoptère puisse commencer ses rotations. Le beau temps de retour nous décollons. Reçus officiellement par le chef de district, nous sommes conviés à déjeuner dans la salle de vie commune de la base. Puis nous descendons vers la manchotière où manchots royaux, petrels, chionis, manchots papous, éléphants de mer nous attendent. Puis quelques flocons de neige nous indiquent qu’il est temps de retourner sur le Marion.

Le 17
On reprend l’hélicoptère pour rejoindre la petite manchotière dans la baie américaine (BUS pour les TAAF).Petite colonie de manchots royaux avec nurserie, quelques éléphants de mer partagent la plage ainsi que pétrels géants et chionis. Retour à la cabane arbec pour un pique-nique, merci aux 2 volontaires qui ont portés les bouteilles de bordeaux, car en subantarctique il y a des traditions françaises qui se respectent. Puis retour à la maison, le Marion, qui lui ramène des containers de l’ile via la portière, simple plateforme sur des boudins, sportif comme manip.

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à la petite manchotiére

© M.Keriel

Le 18
Retour à la base pour visite aux scientifiques de l’IPEV qui nous explique les travaux et recherches. Après le repas pris dans le bâtiment « vie com » nous sommes conviés à prendre le café chez le nous nouveau chef de district qui vient de prendre ses fonctions,puis nous allons vers le Bollard pour voir des poussins de grand albatros dans leur nid." Jacky Launay

Les oubliés de la baie américaine…

17 août 2017 :
Nous sommes arrivés en hélicoptère dès le matin pour passer une journée entière en milieu naturel. Pascal, le pilote de l’hélico nous dépose progressivement sur la plage. Aux TAAF cet endroit est appelé BUS, comme les moyens de transport urbains. Mais en fait c’est la « baie américaine », plage unique et magique.
Nous quittons la plage et traversons des bras de la rivière pour aller rejoindre une manchotière naturelle. En chemin nous passons sur des coussins où les éléphants de mer ont laissé leur empreinte, nous longeons un lac d’eau douce, le vent nous cingle le visage, des manchots papous s’accrochent à la colline… et nous voilà déjà au-dessus de la manchotière.
Comme il y a moins de manchots qu’aux OP précédentes, nous pouvons descendre sur la plage et passer du temps à proximité des manchots, de leur petits, des éléphants de mer, mais aussi des prédateurs à l’affut : les pétrels. Si l’on souhaite rencontrer les manchots de plus près, on s’installe à une certaine distance, on s’assied sur le sable, et on attend qu’ils viennent à notre rencontre.
Puis il est temps de regagner la baie américaine pour nous restaurer et vaquer sur la plage, jusqu’à l’heure du retour.
A 15 heures trente précises, comme il nous avait été demandé, nous commençons à attendre l’hélicoptère. Cinq d’entre nous ont déjà mis le gilet de sauvetage pour la première rotation hélico. A 15 h 40 certains commencent à entendre un bruit de moteur…. Mais non, c’est le bruit des vagues immenses sur la plage. Nos accompagnatrices essaient d’appeler la base par deux fois, pas de réponse. Le temps passe. Il est trop tard pour rejoindre la base à pied, cela prendrait plus de deux heures et la nuit serait tombée avant. Il est 15h 50 : toujours pas d’hélicoptère…
Allons-nous faire partie de la tradition des oubliés des îles australes ?
« Cà y est…. », cette fois-ci c’est un Albatros qui est pris pour l’hélicoptère. Il va falloir s’organiser : deux cabanes, 4 couchages dans une, deux dans l’autre, on est trop nombreux, on fera des rotations. La réserve de nourriture est importante… et on pourra tenir jusqu’à demain matin. On passera une nuit dans cet endroit incroyable, on verra le soleil se lever….. on risquera peut-être un petit plongeon dans l’eau à 6 ° on….
Soudain, à 17 heures, un oiseau bleu à hélice apparaît dans le ciel : les sourires reviennent sur les visages…. Les rotations d’hélicoptère vont pouvoir commencer. Merci Pascal, tu ne nous as pas oubliés. Nous allons pouvoir continuer le voyage."
Maryvonne Keriel

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un moment capturé

© M.Keriel